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Rencontre avec Aissetou Konté
Écrit par Mariama Sene   


C’est loin des podiums et concours d’élégance qu’Aissetou Konté 28 ans, nous livre ses ambitions et projets pour 2017. Tour à tour directrice artistique et coach personnel des Miss Mauritanie, Bambara et Bénin France. Aissetou a su depuis plus de 4 ans s’imposer comme une professionnelle du management de l’événementiel. A la fois dynamique et très investie dans sa mission auprès des comités de la diaspora française. La jeune femme revient sur son parcours et nous livre sans détour son combat contre les mutilations génitales faites aux jeunes filles.


Membre actif des comités Miss Mauritanie, Bénin et Bambara, quelle casquette a été la plus difficile à porter ? Celle de coach ou de directrice artistique ?

J’ai eu la chance de travailler auprès de ces comités en tant que coach des prétendantes au titre et celui de directrice artistique Je dirais que ces deux postes sont très complémentaires et se rejoignent nécessairement. J'ai débuté avec le comité Miss Mauritanie durant deux mandats (2014 et 2015) ,c'était pour moi la première fois que je devais gérer et penser une mise en scène de A à Z. Ca a été un vrai challenge pour moi car je ne connaissais pas vraiment la culture mauritanienne. J’ai dû me documenter et m’en imprégner afin de mettre en avant toutes les ethnies de ce pays, mais aussi d’en respecter la parfaite interprétation. Afin que le public puisse se retrouver aisément  dans la prestation scénique. À chaque nouveau mandat auprès d'un comité il fallait me surpasser davantage afin d’en respecter l’identité et la tradition . Cet apprentissage a été très enrichissant pour moi et au-delà de l’apport personnel c’est surtout un travail d’équipe. J’ai trouvé  l’inspiration dans le travail de Diba Diallo et me suis aussi entourée de Dioura Baradji, Diamana Diarra, Thama Camara, Diana Camara, des femmes d’exception auprès de qui j'ai également beaucoup appris.


Au delà du folklore et de la fierté de représenter son pays d’origine auprès de la diaspora française. Quelle portée a réellement cette manifestation ?

Selon moi c'est une manière de dépasser certains a priori, naître en France n’implique pas un éloignement de sa culture d’origine. Ce n'est pas une manière de représenter mais de présenter la diversité de nos pays « Savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va ».  Cela reste une fierté personnelle mais aussi pour nos parents qui nous ont transmis cet héritage, et que nous devons maintenant transmettre et partager à notre tour.


 Pourquoi avoir choisi de concourir à l'élection Miss SOW qui s’inscrit plus dans le don de soi et l’humanitaire que les strass et paillettes des concours habituels ?

C'était vraiment un concept nouveau et différent des autres comités qui m’a permis de grandir à travers ces missions  mais aussi de donner de ma personne pour venir en aide aux populations fragilisées à travers le monde. J'en garde un très bon souvenir. Cela a été un moyen pour moi d'entrer timidement dans le monde de l'événementiel puis d'aborder et de porter les projets humanitaires de l’association, présidée par Sokouana GARY.


Parle nous de ton combat contre l'excision ?

Cette pratique à des conséquences médicales très graves dans la vie de la femme. Ayant moi-même été excisée très jeune, c’est en devenant adulte que j’ai su mettre des mots sur ce que ressentais dans ma chair. Cette période de ma vie a été très dure à accepter, je me suis alors lancé dans des recherches sur le sujet.  De documentaires en articles, j’ai appris qu’il était possible de se faire opérer pour « réparer » ce bout de moi arraché dans mon insouciance d’enfant. Aujourd’hui je me sens mieux dans ma tête et surtout dans mon corps. Je souhaite aussi rétablir les choses, je n’incrimine pas mes parents ou encore moins l’exciseuse, mes recherches m’ont permis de comprendre les conséquences pré et post excision. Il est très important de comprendre l’origine de ces pratiques, car il existe malheureusement plusieurs sortes de mutilations. M’engager et de m’investir pleinement dans cette lutte est devenue essentielle pour moi. Ce qui passe nécessairement  par une forte sensibilisation et éducation des femmes aux graves conséquences liées à ces pratiques. Mon souhait le plus cher est de définitivement éradiquer les mutilations génitales féminines à travers le monde et de permettre à toutes les femmes excisées d’être réparées. Et contrairement aux idées reçues ces pratiques existent encore aujourd'hui et un peu partout dans le monde.


L'élection de Miss France 2017 a été pour toi....

Une vraie satisfaction tout d'abord de voir ces trois femmes noires les unes à côté des autres ! Des images encore trop rares. Ce soir là, j’ai eu le sentiment que la France actuelle était enfin représentée.


- Pour toi l’année 2016 c’est :

Sans hésitation, la détention de Moussa Ibn Yacoub!
Cet humanitaire français a été arrêté à Teknaf dans le sud du Bengladesh, dans le cadre d’une mission auprès de la communauté Rohingya. Tous deux originaires de Montreuil, c’est une personne très engagée et qui mène un vrai combat contre les injustices sociales subies au quotidien, à travers le monde . J’ai un profond respect pour cet homme et pour le combat noble qui est le sien. Durant ces 7 mois de détention, un vrai élan de solidarité s’est tissé sur la toile et dans notre ville.


Pour  suivre Aissétou Konté  sur Youtube :https://www.youtube.com/watch?v=5K_1Zx-te6Q


 
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